Grâce aux services de cloud gaming, il est désormais possible de jouer aux jeux vidéo en streaming, sans avoir besoin d’investir dans un ordinateur puissant, ni même de télécharger un jeu ou de le mettre à jour. Voici tout ce que vous devez savoir sur le cloud gaming, un phénomène en passe de révolutionner l’industrie du jeu vidéo !

Le cloud gaming est un service reposant sur les technologies du cloud, permettant de jouer à des jeux vidéo sur PC sans avoir besoin d’une carte graphique puissante. Concrètement, ce service permet d’exploiter la puissance graphique d’un puissant serveur via le cloud pour jouer aux jeux en streaming sur son ordinateur par le biais d’un simple logiciel client.

Le cloud gaming a de nombreux points communs avec les vidéos en streaming. Le serveur lance le jeu choisi par l’utilisateur, et retransmet la vidéo du jeu en temps réel sur l’écran de l’usager. Ce dernier contrôle le jeu à l’aide de sa souris et de son clavier ou de sa manette, exactement comme s’il lançait le jeu directement sur son PC. Les commandes entrées sont transmises au serveur cloud gaming par l’intermédiaire d’internet.

Les performances techniques sont assurées par le serveur, tandis que l’ordinateur de l’utilisateur se contente de recevoir la vidéo et l’audio en streaming, et d’envoyer des commandes par internet. De fait, le cloud gaming se rapproche d’un service de streaming vidéo, avec pour seule différence un caractère interactif.

Les avantages du Cloud Gaming

En théorie, le cloud gaming évite d’avoir à investir dans des équipements onéreux ou de mettre son PC ou sa console à niveau. Plutôt que de devoir acheter du matériel de jeu haut de gamme, ce service cloud permet de jouer aux jeux les plus récents sur n’importe quel ordinateur. Il est également possible d’opter pour une box de streaming bon marché à brancher sur un écran de télévision.

Le cloud gaming permet également de jouer sur n’importe quel système d’exploitation ou appareil. Pour la plupart, les jeux récents sont uniquement compatibles avec les PC Windows ou les consoles de salon comme la PS4 ou la Xbox One. Grâce au cloud gaming, il est possible de jouer à n’importe quel jeu sur un Mac, un ordinateur sous Linux, une tablette Android, iOS ou Chrome OS.

Il est également possible d’intégrer le gaming aux télévisions et autres appareils du même genre grâce au cloud gaming. Les constructeurs de télévisions peuvent intégrer la prise en charge du cloud gaming à leurs télévisions connectées. La télévision n’a pas besoin d’un processeur ou d’une carte graphique puissante. Une simple implémentation logicielle permet de transformer l’appareil en console de jeu.

L’autre avantage du cloud gaming est de permettre de jouer instantanément. Certains jeux requièrent le téléchargement d’un fichier de 10 Go ou 20 Go ou plus. Au contraire, le cloud gaming permet de lancer les jeux immédiatement, puisqu’ils sont déjà installés sur le serveur.

Le cloud gaming facilite également la diffusion de parties en streaming, une fonctionnalité très précieuse pour le domaine de l’esport et du jeu professionnel. Les spectateurs désirant assister à une partie n’ont pas besoin d’installer le jeu, puisque le streaming vidéo peut être aisément dupliqué.

Enfin, le cloud gaming garantit la sécurité. Le fait de lancer les jeux sur un serveur distant empêche toute tentative de piratage. Ce précieux atout a de quoi séduire les éditeurs de jeux vidéo. En revanche, la communauté des joueurs risque de ne pas apprécier cette spécificité.

Inconvénients du cloud gaming

Malgré ses nombreux avantages, le cloud gaming présente aussi plusieurs inconvénients. Ainsi, tout comme les vidéos disponibles sur YouTube ou Netflix, la vidéo de gameplay en provenance du service cloud gaming est compressée pour consommer moins de bande-passante. De fait, l’image ne sera pas aussi belle et détaillée que sur un PC gaming haut de gamme. Malgré tout, la vidéo compressée devrait être de meilleure qualité qu’un jeu affiché en basse résolution sur un PC physique.

Un service de cloud gaming consomme également une grande quantité de bande-passante. Si votre usage de bande-passante est limité par votre fournisseur internet, cet inconvénient peut rapidement devenir problématique.

Le cloud gaming pose également un problème de latence. Les jeux réagissent plus rapidement lorsqu’ils sont lancés sur un ordinateur local, et que la souris communique directement avec le PC. Dans le cas du cloud gaming, la souris doit communiquer avec le serveur par l’intermédiaire d’internet, puis l’image doit être compressée pour enfin revenir à l’utilisateur.

Par conséquent, les services de cloud gaming affichent une latence plus importante qu’un PC local. Cependant, les nouveaux fournisseurs de cloud gaming comme LiquidSky ou Shadow tendent à atténuer ces problèmes de latence, de compression et d’usage de bande-passante. Grâce aux innovations logicielles et aux progrès des composants matériels utilisés par les serveurs, ces problèmes pourraient bientôt être totalement résolus.

Beaucoup de joueurs se retrouveraient néanmoins désavantagés par la démocratisation du cloud gaming. De la même façon qu’il est impossible, dans certains pays, de jouer à des jeux comme Diablo 3 nécessitant une connexion internet permanente, le cloud gaming est handicapant pour les régions déplorant une mauvaise couverture internet.

L’histoire du Cloud Gaming

La première démonstration d’une technologie de cloud gaming remonte à l’E3 de l’an 2000. C’est la firme G-cluster qui présenta pour la première fois un service de cloud gaming pour appareils portables via le WiFi.

En 2005, Crytek entama le développement d’un système de cloud gaming pour son jeu Crysis, mais mit ses efforts en pause en 2007 pour attendre que les fournisseurs d’accès internet et les infrastructures soient en mesure de prendre en charge une telle technologie.

En 2010, OnLive entra officiellement en service, en même temps que la commercialisation de la microconsole de la firme. Jusqu’en 2012, OnLive était le fournisseur de cloud gaming le plus connu. Toutefois, même aux heures de pointe, ce service ne fédérait que 1800 utilisateurs. Pour l’époque, le service fonctionnait étonnamment bien compte tenu des défis techniques auxquels il devait faire face. La latence et la compression de l’image étaient toutes deux évidentes, mais loin d’être aussi dérangeantes qu’on pourrait l’imaginer.

Le principal concurrent de OnLive était Gaikai, lancé en février 2011. Ce dernier reposait sur une technologie permettant de jouer à des démos de jeux directement depuis un navigateur web sans téléchargement. Une façon très pratique d’essayer les jeux avant de décider de les acheter.

En juillet 2012, Gaikai a été racheté par Sony pour 380 millions de dollars, et son service de streaming de démos est actuellement indisponible. Le Japonais a également racheté OnLive et 140 de ses brevets en 2015. Par la suite, Sony a lancé son propre service de cloud gaming PlayStation Now, permettant de streamer les jeux PS3 sur un écran de PC.

En avril 2013, la première plateforme open source de cloud gaming, GamingAnywhere, a été inaugurée. Elle est jusqu’à présent la seule plateforme open source du marché. En novembre 2015, l’opérateur français SFR a lancé son propre service de cloud gaming sur IPTV, reposant sur la technologie de G-cluster.

Depuis 2015, Nivida propose également un service intitulé GeForce Now, permettant de jouer en streaming via le cloud en profitant de la configuration puissante d’un serveur distant équipé des dernières cartes graphiques de la marque. Jusqu’à présent, ce service était uniquement compatible avec la Shield, la Shield Tablet et la box Android Shield TV.

Dans le cadre du récent CES 2017, Nvidia a annoncé la compatibilité de son service de cloud gaming à tous les Mac et PC, et non plus seulement à sa tablette Shield et sa box Android Shield TV. Ce service GeForce Now semble particulièrement pertinent pour les utilisateurs de Mac et de PC embarquant une carte graphique intégrée, car ces machines ne permettent a priori pas de jouer aux jeux récents. GeForce Now ouvre l’accès à tous les jeux Steam, Origin, GOG, Battle.net ou Uplay.

En 2016, l’entreprise LiquidSky s’est lancée sur le marché du cloud gaming avec l’ambition de résoudre les problèmes inhérents à cette technologie comme la latence ou la consommation de bande-passante. De même, la startup française Blade a lancé son service Shadow, permettant de streamer l’accès complet à un PC sans la moindre latence.

État des lieux du Cloud Gaming à l’aube de l’an 2017 et prédictions pour le futur du marché

À l’heure actuelle, on compte désormais de nombreux services de cloud gaming. Les offres se sont multipliées. Parmi les principaux services, on compte GameNow, GameFly Streaming, Liquidsky, PlayStation Now, GeForce Now et Shadow.

Les principaux leaders du marché sont Nvidia, PlayGiga, Sony et Ubisoft. Parmi les acteurs influents sur le marché, on compte également Amazon, CiiNOW, Crytek, GamingCloud, Google, Happy Cloud, International Business Machines, Microsoft, Nintendo, Playcast Media Systems, Samsung Electronics, TransGaming, et Ubitus.

Selon les analystes de Technavio, le marché du cloud gaming pourrait connaître une croissance annuelle de plus de 29% entre 2017 et 2020. La croissance du marché serait principalement dirigée par la réduction du temps d’accès aux jeux et du coût de possession des jeux. Par ailleurs, les services de cloud gaming ont désormais le potentiel de séduire les joueurs occasionnels sur mobile ou réseaux sociaux. Ainsi, la croissance du marché des smartphones et des tablettes tire le marché du cloud gaming vers le haut.

En 2015, le marché du cloud gaming était dominé par les États-Unis avec plus de 54% de parts du marché, notamment grâce à la forte pénétration des tablettes et des smartphones dans cette région. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2020, notamment grâce au temps important dédié par les individus américains aux loisirs comme le gaming.

La forte concurrence sur le marché, les avancées rapides en termes de technologies, et les changements de préférences fréquents des consommateurs sont les principaux risques à prendre en compte pour les fournisseurs de services. Les vendeurs doivent se distinguer en proposant des produits différents, une interface user-friendly, un vaste catalogue de jeux, et des tarifs intéressants. La compétition devrait encore s’intensifier jusqu’en 2020 avec l’arrivée de nouveaux acteurs.

Le Cloud Gaming est-il le futur du jeu vidéo ?

Jusqu’à récemment, le cloud gaming n’était pas vraiment parvenu à convaincre les consommateurs. Malgré tout, les géants de l’industrie du jeu vidéo ont conservé leur enthousiasme pour cette technologie. Le rachat de Gaikai et OnLive par Sony, ou le lancement de GeForce Now par Nvidia, lorsque le cloud gaming n’avait pas vraiment le vent en poupe, en sont la preuve.

Si Sony et Nvidia parient sur le cloud gaming, au même titre que de nombreuses startups, d’autres en revanche sont beaucoup moins convaincus par cette technologie. Le directeur de Valve, créateur de Steam et du HTC Vive, a exprimé son scepticisme sur le sujet.

Selon lui, même si les consoles et les PC n’avaient jamais été inventés, et que l’industrie du jeu reposait depuis toujours sur le cloud gaming, une solution alternative aurait été trouvée pour économiser des ressources réseau et profiter des nombreux avantages du local gaming.

Il est difficile de prédire le futur du cloud gaming. Les investissements de grandes entreprises high-tech pourraient permettre au marché de prendre son envol grâce à des innovations. Cependant, peu de chances que le cloud gaming remplace le jeu local. Il semble plus probable que les deux coexistent et se complètent.

La réalité virtuelle démocratisée grâce au cloud gaming ?

En 2016, plusieurs casques de réalité virtuelle haut de gamme comme l’Oculus Rift, le HTC Vive ou le PlayStation VR ont été commercialisés. Malgré un prix élevé, ces appareils rencontrent une forte demande de la part des joueurs et des passionnés. L’Oculus Rift est en rupture de stock jusqu’au mois de juin 2017.

Pour fonctionner, ces casques nécessitent également un puissant PC. Les ordinateurs VR Ready coûtent généralement plus de 1000€. Par conséquent, pour profiter de la réalité virtuelle sur PC, il est actuellement nécessaire de dépenser un minimum de 1700 euros. Un tel investissement n’est pas envisageable pour la plupart des consommateurs. De fait, la révolution VR est encore loin d’être initiée.

Pour que la réalité virtuelle se démocratise, il est nécessaire que les prix des équipements diminuent progressivement. Toutefois, il est également possible de réduire ces coûts par l’intermédiaire du cloud gaming.

En effet, les services de cloud gaming peuvent permettre de streamer les jeux vidéo depuis un puissant serveur directement sur l’écran d’un casque VR, de la même façon que sur un écran d’ordinateur. Par conséquent, il est possible d’utiliser un casque de réalité virtuelle sans investir dans un PC dernier cri. Cette solution peut permettre de diminuer les coûts par trois, et donc d’attirer beaucoup plus d’utilisateurs.

Mieux encore, le cloud gaming évite d’avoir à mettre à jour son ordinateur chaque année avec les derniers composants technologiques pour profiter derniers jeux en VR. Les serveurs cloud sont mis à jour par le fournisseur de service et garantissent une compatibilité optimale avec les nouveaux jeux en réalité virtuelle.

En plus d’épargner le coût d’un PC, le cloud gaming permet de réduire le prix des casques VR qui peuvent fonctionner comme de simples clients des serveurs cloud. Outre une réduction du coût, le cloud gaming peut permettre d’améliorer l’ergonomie ou l’autonomie des prochaines générations de casques.

Plusieurs leaders de l’industrie de la réalité virtuelle ont déjà l’expertise nécessaire pour proposer des services de cloud gaming. Sony, le créateur du PlayStation VR, propose par exemple son service de cloud gaming PlayStation Now. Le Japonais a également racheté deux pionniers du cloud gaming : Gaikai en 2012, et OnLive en 2015.

De même, Oculus est en mesure de se lancer dans le cloud gaming. Son CEO Brendan Iribe, son Chief Software Architect Michael Antonov, et son VP of Product Nate Mitchell ont tous travaillé pour Gaikai.

Dans le cadre du CES 2017, la firme GameFace Labs a également révélé son ambition de créer un casque de réalité virtuelle sans fil capable de fonctionner sans PC. Selon le CEO Edward Mason, ce casque peut fonctionner sans aucune latence par le biais du cloud gaming. L’appareil, qui embarque un processeur Nvidia Tegra, offrirait deux fois la puissance d’une Xbox 360 et serait commercialisé dès l’année prochaine.

La commercialisation de casques VR sans fil, léger, indépendants, fonctionnant grâce au cloud gaming pourrait réellement accélérer l’adoption massive de la réalité virtuelle. De tels appareils seraient accessibles au plus grand nombre.

De fait, le cloud gaming pourrait permettre la démocratisation de la réalité virtuelle, et la réalité virtuelle pourrait offrir au cloud gaming une véritable raison d’être. Ces deux technologies semblent donc intimement liées.